La promenade du dimanche

Cet après midi de dimanche, je suis descendue de ma tour. Une envie pressante de courgettes (c’est comme ça, parfois c’est du Häggen Daz, parfois c’est un légume) m’a poussée à m’aventurer Rue Lépic. L’avantage de vivre à Paris, c’est qu’un dimanche on ne crève pas de faim si on n’a pas fait ses courses la veille.

Je me suis armée d’une tenue hivernale et de mon portefeuille qui était sous le point de souffrir. Pour acheter deux courgettes Rue Lepic, à Montmartre, il faut faire un grand emprunt. J’y suis quand même allée consciente de ce fait. Mon marchand de primeurs habituel est fermé le dimanche comme tout bon commerçant de proximité. Mais le déplacement avait aussi pour but de respirer un peu d’air (frais ?) et de m’éclaircir un peu les idées.

J’avais complètement oublié que je déteste sortir un dimanche après midi, pluvieux de surcroît. J’ai été confrontée à l’espèce la plus détestable de la joyeuse jungle parisienne : les promeneurs du dimanche ! Ces âmes nonchalantes qui se promènent dans des corps lourds du poulet rôti de mamie, bien arrosé de vin rouge. Les couples qui ont eu leur dose d’amour, bien programmée du samedi soir, et qui sont contents de se balader main dans la main, en bloquant le passage des filles névrosées qui ont pour mission d’acheter des courgettes un dimanche après midi. Et parmi toute cette foule, j’ai failli être renversée par le pire des spécimens de ceux qui fréquentent les rues parisiennes un dimanche pluvieux comme celui-ci : le couple qui fait son footing par 4 degrés à 16h44.

Footing en couple

Je ne comprendrai jamais l’intérêt de faire son footing en couple. Si j’ai bien appris mes leçons de biologie il y a d’autres moyens de faire monter son rythme cardiaque à deux, sans avoir besoin de mettre des habits affreux de sport. Et pourquoi un dimanche ? La rue est déjà assez encombrée le reste de la semaine pour l’encombrer de deux individus qui ont pour seul but de faire culpabiliser les autres promeneurs qui viennent de s’empiffrer une tarte aux pommes. C’est qui ces gens perfides qui d’un souffle uniforme regardent du haut de leurs baskets les autres passants?

Regardez de plus près…T-shirt blanc impeccable, une petite blonde coiffée d’une queue de cheval qui tire bien sur les tempes. Lui, il est habillé exactement pareil, un grand blond aux cheveux également impeccables. Noooon ! C’est le couple prototype du Parc Monceau, qui a délaissé le circuit bien douillet du parc du 8ème arrondissement pour pousser l’effort jusqu’au bout; jusqu’au bout du Bd de Clichy ou il a failli me laisser HS.

Je ne suis pas hypocrite. Je suis très contente de me lever un dimanche matin pour aller à la piscine en bonne compagnie. Je suis également contente de faire un footing Parc Monceau, mais SEULE ! C’est un moment de dialogue avec moi-même que je ne partage pas. Mais c’est un dialogue qui peut attendre jusqu’au PRINTEMPS. Un dimanche après midi nuageux, froid, pluvieux, on reste chez soi, au chaud. Si on se déplace c’est pour aller au cinéma ou pour rater une expo. Les courgettes pouvaient attendre jusqu’à demain n’est-ce pas ? Ah oui j’avais oublié, j’ai intégré le mantra parisien. Je n’ai pas le temps.

(24/01/2010)

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